Le monde du minuscule est d'une très grande beauté. Les images des micro organismes qui peuplent ces écosystèmes, sorties de leur contexte, peuvent nous sembler abstraites. Invisible à l'oeil nu, les formes naturelles, mais souvent géométriques, des microbes, virus et autres êtres vivants micro cellulaires nous semblent dénuées de références: elles ne sont que des formes!
Bleu de ciel, 1940, Vassily Kandinsky. Tableau abstrait. Huile sur toile. Centre Georges Pompidou, Paris.
Mais dès que nous savons de quoi il s'agit, dès que nous lui donnons un nom, la forme abstraite devient figurative: elle représente bien quelque chose de tangible!
Quelque chose qui jusqu'alors nous était inconnu, que nous n'avions jamais vu. "Nous ne voyons vraiment que ce que nous connaissons, que ce que nous reconnaissons..."
Des artistes et des scientifiques se sont donné pour mission de représenter cet univers fabuleux, afin d'en partager la beauté et de mieux le comprendre. Problème : comment montrer ce qui ne se voit pas?
Image non transformée du coronavirus
Tout d'abord, agrandir à notre échelle humaine en utilisant les microscopes des scientifiques, ainsi que leurs expériences et leurs connaissances, afin de comprendre comment ces formes fonctionnent entre elles.
Choisir une représentation en deux dimensions ou en trois dimensions, un point de vue, des matériaux, des couleurs...
Le choix est subjectif: à cette échelle du vivant, la couleur n'existe pas! Ces organismes sont en effet plus petits que les longueurs d'onde lumineuses...
Même sous un microscope, on ne les voit pas vraiment : on transforme leur ombre en image photographique pour pouvoir les observer, puis celle-ci est modélisée par ordinateur, qui va mettre en place les codes couleurs qui lui ont été programmés!
Diverses modélisations en 2D du coronavirus
Diverses modélisations effet 3D du coronavirus
Ainsi, afin d'informer sans provoquer la panique, les couleurs choisies par les scientifiques pour représenter le coronavirus dans les média pendant la pandémie, sont-elles vives pour attirer l'attention et mettre l’œil en alerte, mais restent harmonieuses et agréables, pour ne pas faire détourner le regard par terreur ou dégoût. Elles semblent inspirées des pigmentations des moisissures, qui nous sont connues dans notre vie quotidienne et dont nous savons nous méfier.
De même, en art, les couleurs et les matières vont être choisies en fonction de ce que veulent leur faire dire les artistes!
Ils vont eux aussi utiliser l'expressivité de ces constituants plastiques, c'est à dire leur propriété à engendrer certaines sensations et émotions, qui seront plus ou moins communes à tous les spectateurs, en dehors des symboliques liées à leurs cultures.
David Goodsell, par exemple, utilise des couleurs pastelles et lumineuses, à l'aquarelle, qui donnent au spectateur une sensation de douceur, de tendresse.
Son objectif est de nous montrer combien ce monde fascinant, qui nous est invisible, nous est intime et vit en symbiose avec nous.
Luke Jerram, quand à lui, a choisi de travailler avec du verre, afin de montrer la beauté géométrique des formes, avec lesquelles on fait jouer la lumière pour les rendre perceptibles. L'aspect dur et froid du verre, ses propriétés de transparence, de matité et de brillance, son aspect artificiel, fragile, provoquent une sensation ambiguë, à la fois de grande délicatesse et de danger révélé.
Les élèves de sixième et de cinquième ont cherché eux aussi les formes et les couleurs qu'ils donneraient à la représentation d'un virus qui fait peur, afin d'en montrer l'agressivité et le danger.
Non, ce célèbre tableau ne représente pas la révolution française!
En 1830, Charles X veut changer les lois électorales et supprimer la liberté de la presse: le peuple se soulève, les "trois glorieuses" de la révolution de juillet entraînent sa démission et l'accès au pouvoir de Louis Philippe. Delacroix décrit une scène de barricade entièrement symbolique, à laquelle il donne une apparence de réalité moderne, emblématique du romantisme pictural.
(Cliquer ICI pour comprendre l'histoire par l'analyse de l'image).
La liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix, 1830
Cinq ans après les attentats contre Charlie Hebdo, il est bon de se souvenir que sans liberté d'expression, pas de démocratie. Quitte à choquer certaines sensibilités...
La liberté sera toujours plus forte, Plantu, dessin de presse pour le journal le Monde, 9 janvier 2015
Clochers et minarets sont des éléments importants dans les architectures des églises et des mosquées.
Par leur hauteur, ils sont symboliquement une recherche d'élévation spirituelle vers le ciel.
Points de repère géographiques et identitaires, ils marquent le paysage de leur présence, comme un rappel à la dimension religieuse de la vie.
Cependant, s'ils sont pensés pour être vus de loin, ils sont surtout conçus pour être entendus de loin. Leur fonction principale est en effet de propager un signal sonore destiné à appeler les fidèles aux différents actes du culte (prière, cérémonies, offices...).
La forme, la hauteur et l'emplacement des clochers et minarets se mettent au service de leur fonction.
Vue de Rouen, la ville aux cents clochers, Claude Monet, 1892 (style impressionniste)
Dans les pays catholiques, les cloches sonnaient les différentes heures des offices, du haut des clochers, avec un chant de cloche différent, pour appeler les fidèles. Ceux des Primes, Sexte et Vêpres étaient souvent associés à l’Angélus (Ave Maria).
Cette tradition n'est plus usitée en France depuis la Révolution et la confiscation des églises par l'état laïc. Les cloches des églises sonnent, en fonction des accords entre les mairies et les riverains, les heures, demi heures ou quarts d'heure, ainsi que les offices cérémoniels. Certains monastères ou chapelles privées sonnent encore les heures liturgiques.
Texte de l'Ave Maria:
Je vous salue Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
L’Angélus, Jean François Millet, 1869 (style réaliste)
Pour les pratiquants catholiques, le temps de la journée est marqué par la Liturgie des heures canoniales: sept prières quotidiennes (offices).
Les clochers sont le plus souvent placés côté façade du bâtiment, par où entrent les fidèles, car si le son des cloches est un appel, il est aussi un accueil.
L'appel à la prière chez les musulmans (Adhan) est un chant lancé du haut des minarets par le Muezzin, tourné vers la Kaaba. Ce chant en arabe doit être bien audible et pouvoir être entendu de tous les cotés: de ce fait, lorsque les mosquées ont plusieurs minarets, ils sont placés le plus souvent sur les points cardinaux de l'édifice.
Le muezzin. Jean Léon Gérome, 1866 (style orientaliste)
Texte du chant (avec des variante en fonction des rites sunnites ou chiites)
arabe
Français
4 fois
الله أكبر
Allah est le plus grand
allāhu ākbar
2 fois
اشهد ان لا اله الا الله
J'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah
Ashadu an lâ ilâha illâ Llâh
2 fois
اشهد ان محمد رسول الله
J'atteste que Muhammed est le messager de Allah
āš'hadu ānna mūḥammad ār-rasūlu-l-lāh
2 fois
حي على الصلاة
Venez à la prière
ḥayyā ʿalā-ṣ-ṣalāt
2 fois
حي على الفلاح
Venez à la félicité,
ḥayyā ʿalā-l-falāḥ
2 fois
الصلاة خير من النوم
La prière est meilleure que le sommeil.
aṣ-ṣalātu ḫayru min an-naūm
2 fois
الله أكبر
Allah est le plus grand.
allāhu ākbar
1 fois
لا اله الا الله
Il n'y a de vraie divinité hormis Allah
lā ilaha illā-l-lāh
Eugène Girardet: La prière du soir, à Bou-Saada, Algérie. 1897. Peinture à l'huile sur toile (73 x 100 cm) de style orientaliste
Les 5 prières de chaque jour (Salat) chez les musulmans:
La prière du Fajr (prière de l'aube)
La prière du Dhuhr (prière de la mi-journée)
La prière de Asr (prière de l'après-midi)
La prière du Maghrib (prière du coucher du soleil)
A la suite du festival de la photographie de Nantes (QPN: quinzaine photographique nantaise) il a été demandé aux élèves de montrer leur conception du "Fun" sous la forme d'un projet numérique qui détourne "Le baiser de l'Hotel de ville" de Robert Doisneau...
Par la couleur, la lumière, les détails, les objets, les formes, le cadrage, les textures... comment transformer la connotation d'une image? Comment les éléments plastiques jouent-ils un rôle essentiels dans la représentation et la signification des images?
Cliquer sur l'image pour voir les travaux des élèves
Dessiner, c'est observer, ressentir, se souvenir et traduire.
Le dessin de mémoire propose une interprétation on ne peut plus personnelle de la réalité, car le travail de l'oubli hiérarchise de manière plus ou moins aléatoire les différents éléments de la perception visuelle.
Et pour certaines personnes, comme Stephen Wiltshire, autiste, qui a été pourvu d'une mémoire photographique incroyable, c'est une manière de pouvoir s'exprimer et communiquer sous forme d'images époustouflantes!
20 min en hélicoptère, juste pour voir la ville d'en haut, lui suffisent pour ensuite (sans aucun modèle ou photographie, même si c'est une ville qu'il n'avait jamais vue) créer des panoramas d'un réalisme saisissant, dans lesquels ne manque aucun détail!
Cette année encore des élèves de troisième vont s'impliquer dans un projet destiné à apprendre comment protéger ses oreilles et lutter contre la pollution sonore.
Certains participeront au concert et intervention du dispositif "Peace and lobe".
En arts plastiques, il leur a été demandé de créer, à partir d'une pochette de disque vinyle, une affiche sur ce thème, qui permet d'impliquer le spectateur, grâce à l'impression de débordement. Les élèves ont trouvé de nombreuses solutions plastiques: jeux de couleurs, de forme, de cadrage, passage d'une surface à un volume, utilisation d'objets liés au son, travail de typographie, dislocation des matériaux, rupture et continuité entre les éléments de construction de l'image, interpénétration du figuratif et de l'abstrait...
Pour que nos oreilles restent à notre écoute!
Un grand merci à la ressourcerie de l'ile, à Nantes, qui nous a fourni nos matériaux à prix modique!
Quelques vidéos sur les risques qui peuvent endommager les oreilles, à voir sur l'article "Un peu moins de bruit, svp!"
Comment se protéger:
Des informations sur le site "édukason", concernant le bruit et ses nuisances, avec un quizz sympa à faire, et sur lequel on peut trouver plein d'informations, comme par exemple des vidéos ou des liens vers des sites sur les métiers du son en concert
Après la "Semaine contre le racisme et l'antisémitisme", qui a donné lieu en mars, à la création d'une grande affiche, les élèves de cinquième sont allés visiter l'exposition "Nous et les autres", au conseil départemental de Nantes.
Dans le futur, comment habiterons nous la planète? Les architectes forgent d'ores et déjà notre futur manière de vivre, en proposant de nombreuses possibilités, parfois bien insolites!
Dans le cadre des commémorations pour le centenaire de la fin de la première guerre mondiale, les élèves de troisième du collège Saint Théophane Vénard, ont créé des masques pour leur rendre hommage, en utilisant les caractéristiques des monuments aux morts et l'imagerie liée à la grande guerre.
Comme dans le tableau d'Otto Dix, ils invitent ainsi le spectateur à s'impliquer dans cette tragédie, en prenant place à la table des mutilés.
"Les joueurs de skat". Otto Dix. peinture à l'huile sur toile 1920
Délégation des mutilés français au traité de Versailles
Anna Coleman Ladd dans son atelier parisien
Anna Coleman Ladd: une artiste qui répare les "gueules cassées"
Jane Poupelet, collaboratrice française d'Anna Coleman Ladd
Masques de Cecile Kretschmar pour le film "Au revoir la haut" 2017
Suite à une campagne de sensibilisation avec un intervenant extérieur sur les dangers des effets de groupe en ce qui concerne l'alcool et les drogues, les élèves de troisième ont réalisé en cours d'arts plastiques, des petits courts métrages qui permettent d'élargir le champs de ce phénomène, aussi bien dans ses effets négatifs et pervers, que dans ses aspects positifs.
Le patrimoine culturel et naturel incarne une idée simple: conserver les traces du passé pour comprendre le présent et construire l'avenir. Mais il n'est pas possible ni pertinent de tout conserver: il est nécessaire de sélectionner.
Les valeurs de rareté, de préciosité, de curiosité... et les valeurs historiques, sentimentales, esthétiques, spirituelles, philosophiques...etc... prévalent alors sur la valeur pratique, économique et marchande.
Pour que le temps et les évolutions de la société ne soient pas les seuls à s'en charger de manière anarchique et aléatoire, des institutions ont été créées, qui gèrent la conservation de ce qui constitue l’âme de l'humanité.
Chaque pays a ses propres instances et fonctionne différemment (en France: Architectes de Bâtiments de France et Conservateurs du Patrimoine, travaillent dans différents services nationaux ou territoriaux: Inventaire des Monuments Historique, DRAC, Archives Départementales, Bibliothèques, Musées ...etc...).
Une institution internationale, l'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture) a mis en place la Convention du Patrimoine Mondial, dont le comité est chargé de répertorier et de protéger le patrimoine présentant un intérêt exceptionnel pour l’héritage commun de l'humanité.
Cette idée n'est pas nouvelle, car depuis l'antiquité, les intellectuels listes les "merveilles du monde".
Une classe de troisième du collège Saint Théophane Vénard de Nantes a imaginé comment protéger l'église Sainte Thérèse chère à leurs cœurs, sous la forme d'un travail numérique. Les solutions choisies sont plutôt inattendues!
Dans le cadre du projet renaissance, les élèves de cinquième du collège Saint Théophane Vénard de Nantes ont travaillé sur la notion de conservation-restauration du patrimoine, en étudiant des peintures de la renaissance.
Ils ont ensuite proposé dans leurs productions plastiques une manière d'intégrer dans le monde d'aujourd'hui des fragments du passé.
Le 22 mars 2019, une classe de troisième et une partie des cinquièmes du collège Saint Théophane Vénard de Nantes sont allés visiter le Palais Dobrée par un magnifique après midi.
Découverte de l'architecture et de la notion de patrimoine étaient au coeur de ce projet interdisciplinaire qui allie histoire et arts plastiques.
Il a ensuite été demandé aux élèves de troisième de créer informatiquement un écrin pour cette architecture, bientôt en travaux pour un réaménagement du jardin et des espace d'accueil du public.
Pour le cinquantenaire de l'établissement, les élèves de troisième du collège Sainte Anne à Carquefou ont organisé une vente aux enchères de productions artistiques, créées pendant les cours d'arts plastiques au fil du temps.
Cela a été l'occasion d'expérimenter les métiers liés à cette activité bien particulière dans le commerce des oeuvres d'art, et de comprendre comment la vente d'une oeuvre d'art peut devenir en elle même une démarchez artistique sous la forme d'un happening!
Banksy, artiste anonyme de street art le plus célèbre aujourd'hui, joue avec le marché de l'art.
Militant dans ses oeuvres contre toutes les injustices sociales, économiques, politiques, historiques, son travail est célèbre dans le monde entier, non seulement par son discours et le choix des lieux emblématiques qu'il investit, mais aussi parce qu'il fait le buzz dans les media et réseaux sociaux, avec des coups d'éclat qui remettent en cause le "système".
Il s'érige ainsi contre la spéculation sur les œuvres d'art, tout en étant au final un des protagonistes à qui profite cette contradiction.
Le 12 octobre 2013, des oeuvres originales sont vendues par un complice sur le marché de Hyde Park à New York pour 60 dollars, alors qu'elles en valent jusqu'à un million sur le marché de l'art. Une manière de montrer que l'art n'a pas de prix en soi, et que les objets d'art sont soumis au système de l'offre et de la demande, selon une cote artificielle des artistes.
Le 5 octobre 2018, une oeuvre de Banksy est revendue aux enchères, avec un bénéfice spéculatif impressionnant. Au moment du coup de marteau, un mécanisme caché dans le cadre entraîne son auto destruction. A semi déchiquetée, l'oeuvre a dans un premier temps perdu sa valeur marchande, Mais finalement cela a augmenté sa valeur historique et artistique, car ainsi utilisée dans un happening (événement) elle interroge d'autant le statut de l'oeuvre d'art...
La notion de répétition remet en cause le statut de l'oeuvre d'art, dans son principe d'unique, au profit de celui du multiple et de l'unicité.
Andy Warhol grâce à ses œuvres, qui reflètent la société de consommation des années 60, participe au questionnement que posent Marcel Duchamps, lorsqu'il impose ses ready-made comme œuvres artistiques en 1914, et Walter Benjamin en 1939 dans son essai philosophique: "L'oeuvre d'art à l'heure de sa reproductibilité technique".
Par la répétition sous forme de série et variation, émergent les problématiques de l'harmonie, du savoir faire, de la sacralisation/ désacralisation de l'oeuvre, de la beauté et du plaisir, de l'esthétique et du goût personnel, de la perméabilité entre art et vie quotidienne.
Marcel Duchamps a révolutionné la définition de l'art en détournant les objets du quotidien...
Quelques vidéos pour mieux comprendre...
"Fontaine". Duchamps.
"D'art D'art" production Froggies. France 2. 2004
"Qu'est ce qu'un ready made?"
Selhac. Vidéo sur les idées reçues et les lieux communs artistiques
"Marcel!" par Jean Achache. 2004
Ces quelques ready made réalisés par les élèves de troisième sont des portraits sans visage d'un professionnel rencontré pendant leur stage d'orientation. Saurez vous les retrouver?
A l'occasion du centenaire de la première guerre mondiale, l'étude des monuments aux morts s'impose! A Nantes, l'histoire de ces monuments, ne manque pas de piquant! Les plus emblématiques ont une histoire bien à eux!