La notion de répétition remet en cause le statut de l'oeuvre d'art, dans son principe d'unique, au profit de celui du multiple et de l'unicité.
Andy Warhol grâce à ses œuvres, qui reflètent la société de consommation des années 60, participe au questionnement que posent Marcel Duchamps, lorsqu'il impose ses ready-made comme œuvres artistiques en 1914, et Walter Benjamin en 1939 dans son essai philosophique: "L'oeuvre d'art à l'heure de sa reproductibilité technique".
Par la répétition sous forme de série et variation, émergent les problématiques de l'harmonie, du savoir faire, de la sacralisation/ désacralisation de l'oeuvre, de la beauté et du plaisir, de l'esthétique et du goût personnel, de la perméabilité entre art et vie quotidienne.
Marcel Duchamps a révolutionné la définition de l'art en détournant les objets du quotidien...
Quelques vidéos pour mieux comprendre...
"Fontaine". Duchamps.
"D'art D'art" production Froggies. France 2. 2004
"Qu'est ce qu'un ready made?"
Selhac. Vidéo sur les idées reçues et les lieux communs artistiques
"Marcel!" par Jean Achache. 2004
Ces quelques ready made réalisés par les élèves de troisième sont des portraits sans visage d'un professionnel rencontré pendant leur stage d'orientation. Saurez vous les retrouver?
Quand la tache d'encre prend forme et devient figure.
Formes et contre-formes deviennent, tour à tour, fonds et formes; les plans avancent et reculent visuellement; l'illusion de volume s'installe.
L'image figurative apparaît, mais la tache est toujours là, et d'autres images, au degrés d'abstraction plus ou moins grand, viennent percuter la première.
Un petit test de Rorschach pour voir si vous n'êtes pas totalement "crazy"?
L'architecture, au-delà de la conception technique d'un bâtiment, est une démarche artistique de construction formelle et symbolique d'un espace, en relation avec les espaces qui l'entourent.
Ce "geste" artistique est particulièrement visible dans le travail de Franck Gehry, lorsqu'il réalise l'architecture de la Fondation Louis Vuitton, conçue à partir d'un dessin à main levée.
A l'occasion du centenaire de la première guerre mondiale, l'étude des monuments aux morts s'impose! A Nantes, l'histoire de ces monuments, ne manque pas de piquant! Les plus emblématiques ont une histoire bien à eux!
Let’s Pollute est un film d’animation écrit et réalisé par Geefwee Boedoeet produit par Happy-Go-Dismal en 2009.
D’un style clairement inspiré des films éducatifs des années 50-60, c'est un film satirique sur l’évolution de nos habitudes de consommation et les conséquences que cela impliquent pour la planète. Il démontre à quel point la pollution dont nous sommes héritiers contribue à la prospérité de notre économie.
En misant sur l’ironie, le résultat permet d’aborder des problèmes environnementaux sérieux avec une pointe d’humour tout en tournant au ridicule des comportements irresponsables.
Quelles sont nos valeurs aujourd'hui ? Pourquoi consommons-nous sans vraiment nous soucier (ou rarement) de l’impact de nos choix ? Qu’est-ce qui justifie une telle hypocrisie généralisée ? Notre confort perpétuel en vaut-il le prix ?
Nominé aux Oscars du court-métrage d'animation 2011, Let's Pollute nous plonge dans l'incohérence qu'est notre réalité moderne avec un second degrés critique effrayant.
Pourquoi se voiler la face ? Nos actes détruisent la planète, alors encourageons les ! Nous suivons une famille au fil du temps qui fait son maximum pour s’intégrer à une société où le gaspillage et la pollution sont les moteurs. Après un petit rappel de notre héritage de pollueurs inexpérimentés, le court métrage nous rappelle que la révolution industrielle et l’invention de la machine sont venus à notre secours afin d’enfin pouvoir polluer jour et nuit sans interruption.
Exploitez sans modération les ressources naturelles, achetez toujours plus, que du jetable de préférence, ne triez pas vos déchets, luttez contre le restrictions environnementales qui empêche la pollution chimique des industries, ne réparez rien, n’achetez jamais d’aliments bio, préférez les plats préparés sur-emballés…
Grâce à Let’s Pollute, apprenez à mieux polluer et détruire la planète. "Polluer est votre privilège. Et votre devoir !"."Avec de la discipline, vous pouvez toujours consommez plus, gaspillez plus, tout en étant moins responsables !"
Cette critique de la société de consommation s'ancre dans "l'american way of life" qui a servi de modèle au développement des sociétés occidentales depuis les années 1930, trouvant sa pleine influence après la seconde guerre mondiale et pendant la guerre froide.
Louisville, Kentucky, 1937. Margaret Bourke-White
Epoque de prospérité fictive (seule une partie de la population y avait accès...) et de bonheur stéréotypé, cette manière de vivre insouciante, basée sur la consommation et les loisirs, a été célébrée autant que critiquée par le pop art, qui en montre la beauté idéalisée.
Les artistes utilisent les images emblématiques et populaires (publicités, affiches de cinéma, magazines, bandes dessinées...) et les objets du quotidien, sources d'envie et de plaisir, comme matériaux et thème de représentation. Ils exploitent également le système médiatique en plein essor, comme nouveau moyen d'organisation et de diffusion de la création artistique.
"Quand on y songe, les supermarchés sont un peu comme des musées". Andy Wahrol
Andreas Gursky « 99 cents » 1999, photographie de grand format d'un supermarché accumulant les marchandises
« Plus on regarde exactement la même chose, plus elle perd tout son sens, et plus on se
sent bien, avec la tête vide. » Andy Wahrol
Andy Warhol, 32 soupes campbell, 1962
Martial Raysse, Soudain l'été dernier, 1963 - Centre Pompidou, musée national d’art moderne
Roy Lichtenstein, femme au miroir, 1963
Tom Wesselmann – Still life n°30 (1963) 122 x 167,5 x 10 cm MoMA
James Rosenquist: World’s Fair Mural, 1964
Jusqu'à la fin du XXème siècle, les artistes critiques de la société de consommation en ont principalement dénoncé le caractère aliénant pour l'individu, face à ses dérives économiques, politiques, idéologiques et sociales.
Collage de Richard Hamilton,1956 Just what is it that makes today’s homes so different, so appealing?
Keith Haring. 1958-1990. Drapeau américain
Ralph Goings, "America’s Favourite", 1989, Collection of Susan P. and Louis K. Meisel, New York
Barbara KRUGER, Untitled (I shop therefore I am), 1989
Supermarket lady, Duane HANSON, 1969.
Jean-Baptiste Mondino, photographie pour pochette de l'album "J'accuse" de Damien Suaez, 2010, qui dénonce la société de consommation façon Zola ( l'affiche a été interdite par la censure dans les rues de France... )
La chute, Banksy, quartier chic de Mayfair (Bruton Lane), London, 2011
Aujourd'hui, l'urgence écologique incite les artistes à critiquer la société de consommation globalisée pour ses conséquences catastrophiques pour la planète: changement du climat, mort de la nature, détérioration des conditions de vie et de la santé des humains.
Imaginer le futur... comme l'on fait tous les humains avant nous, comme ils le feront tous après.
Comment voyait on l'an 2000 en 1900?
Quelques images d'Epinal pour stimuler notre imagination et comparer une vision de l'avenir et la réalité d'aujourd'hui.
Les élèves de troisième du collège ont participé au projet Peace and Lobe et on créé des affiches de prévention contre le bruit.
Comment être efficace dans une affiche à partir de ce thème? Comment impliquer le spectateur?
Le jeu entre les différents espaces d'un objet d'art visuel (symbolique, de représentation, littéral, physique, du spectateur...) est une des possibilités explorées par les élèves.
"Wake up call" (appel au réveil) est un court métrage d'animation du graphiste Steve Cutts, bien connu pour ses prises de position concernant notre société de consommation.
"Un vrai coup de poing qui surprend comme le réveil à 6h du matin...
L'artiste
s’est associé à l’association The Gaia Foundation pour sortir
ces 5 minutes de pur éloquence visuelle dénonçant les méfaits des
extractions minières et de notre société de consommation
outrancière.
En
quelques minutes, on y voit la destruction des forêts, la
destruction des habitats et des populations animales et humaines, les
forages qui font saigner la terre, les transports polluants qui font
tousser la planète, les êtres humains qui travaillent à la chaîne
pour une misère, les produits de consommation avec obsolescence
programmée à destination des riches occidentaux, et la détresse de
ces sociétés dites " riches" qui n’arrivent pas à suivre la
cadence des nouveaux produits et vivent dans une frustration
entretenue créant chez la population un vrai vide, une tristesse
inconsolable.
La
musique, classique, entraînante, nous immerge dans cette petite
histoire et la sublime.
On se pose beaucoup de questions en observant
ce pamphlet contre les extractions minières.
Car quand on
achète un iPhone ou un Galaxy à 600€, le vrai prix de l’objet
ne se compte pas tant en euros, mais plutôt en conséquences
humaines et écologiques : un vrai cauchemar !
Les
activités minières vont tripler d’ici 2050. Ces activités
entraînent des processus violents d’accaparement des terres (vol
de terres appartenant aux autochtones de la part de multinationales
sans scrupules). Destruction, pollution, domination, violence : les
coûts écologiques et sociaux de l’extraction minière sont
immenses.
Nous
devons ouvrir les yeux sur le vrai prix des gadgets électroniques,
tels que les ordinateurs, les smartphones etc. Finalement, ils ne
sont pas si élégants et classes que cela… C'est également l'avis de la plus engagée des styliste londonienne Vivienne Westwood qui met à l'honneur ce court métrage sur son site "climate revolution".
La
conclusion de Wake Up Call est évidente : nous ne retrouvons notre
humanité que lorsqu’on reprend le temps de retrouver une vie
simple : du temps de qualité passé auprès de nos proches et des
autres, la joie d’observer la nature, et la volonté de retrouver
notre nature !
Réveillons-nous,
avant qu’il ne soit trop tard. Arrêtons de jouer le jeu de la
société de consommation. N’achetons que ce dont nous avons
besoin. Recyclons. Réutilisons. Partageons." (extrait tiré de l'article
sur cette vidéo du site « l'indigné du canapé », qui traduit et résume en partie divers articles trouvés sur le net)
Les élèves de troisième ont été amenés à prendre position en exprimant leur point de vue avec un dessin, plan fixe d'une fin alternative à ce court métrage d'animation.
Que ce soit de manière induite ou littérale, de nombreux artistes dénoncent le gaspillages de notre société de consommation, en utilisant l'accumulation comme mode de création.
Les déchets peuvent être mis en scène sous forme d'installation et leur présence en tant que tels vaut tous les discours.
Quand ils sont utilisés comme matériaux pour leurs qualités esthétiques, ils provoquent également par leur nature et leur provenance, un questionnement critique sur la société de consommation.
Leur représentation sous forme d'images: collages, photographies, peintures, ...etc... peut montrer l'horrible beauté qui se dégage de leur accumulation, alors même qu'ils ne sont parfois encore que biens de consommation, symboles du déchet en devenir, futurs détritus.
L'accumulation en tant que notion esthétique d'envahissement de l'espace par la multitude, amplifie l'idée de surproduction, de pollution, créant la même sensation d'oppression...
Arman. "Poubelle". Série débutée en 1959. Boite en plexiglas avec objets jetés aux ordures
Dirty white trash, with gulls (1998),Tim NobleetSue Webster. Tas d'ordures ménagères en forme de silhouettes, projetées sur un mur: nous sommes ce que nous consommons...
Wasteland (2012), de Vik Muniz. Tableau de grands maîtres reproduits avec des déchets de la décharge de Rio (ici, assassinat de Marat par david)
Liu Jianhua, Installation: objets non dégradables se déversant d'un container, envahissant l'espace d'exposition comme cela arrive tous les jours en mer
Julien Garcia. Assemblage en forme d'animaux réalisés avec des petits objets en plastique. interpelle sur la destruction de la faune par la concentration de ce matériaux dans l'environnement
Bernard Pras. Installation anamorphose reconstituant la vague d'Hokusai. La mer devient une poubelle...
Tom Deininger. Tableau en relief constitué de détritus, représentant le drapeau américain. Les USA à l'origine de la société de consommation...
Tony Cragg. Installation: détritus en plastique triés par couleur et collés au mur, formant une palette de peintre. Interroge le rôle de l'artiste sur les question d'environnement
Claire Morgan. Installation en sac plastique de supermarché. Pourquoi utiliser une ressource précieuse (pétrole) pour une utilisation éphémère, ingrate et polluante?
Mary Ellen Croteau. Tableau autoportrait en bouchon de bouteilles plastiques. La beauté dans nos déchets... Alors pourquoi les jeter?
Chris Jordan, "cellphone", Atlanta, 2005, photographie dans un centre de destruction de téléphone mobiles, série "intolerable beauty"
Liu Bolin. Photographie avec corps de l'artiste peint posant devant un rayon de grand magasin, disparaissant parmi ces objets de consommation
Ru Xiaofan, Portrait peint: le personnage se surcharge et disparaît sous les objets que la société de consommation lui donne à désirer
Erro, " Food Scape", peinture de grand format remplie de représentations de nourriture donnant un sentiment d’écœurement face à la surconsommation
David Cintract, collage. Un super héro essaye de se frayer un chemin parmi une multitude d'images cultes de la publicité.
Jani Leinonen, The Most Terrible Things, 2015. Photo: Finnish National Gallery / Pirje Mykkänen Bas relief reprenant des logos de marques:"les choses les plus terribles, guerres, génocides, et esclavage, ne résultent pas de la désobéissance, mais de l’obédience". Alerte sur l'influence des grand trust de la société de consommation sur les situations économiques, sociales et géopolitiques dans le monde.
David Terrazzano, crée des images peintes ou infographiques, qui posent un regard critique sur la société moderne